
À Dakar, 50 ambassadeurs communautaires formés à la défense des libertés fondamentales
10/08/26 16:00
Droits humains, liberté d’expression, de réunion, d’association et de manifestation étaient au cœur d’un atelier organisé à Dakar par le consortium des radios communautaires AFIA-FM, Manooré FM et Coorkat FM, dirigées par des femmes. L’initiative bénéficie de l’appui technique et financier d’Avocats sans frontières Canada, avec le soutien d’Affaires mondiales Canada.

Dakar — Renforcer la connaissance des droits humains et contribuer à une meilleure défense des libertés fondamentales au sein des communautés. C’est l’objectif d’un atelier organisé à Dakar dans le cadre d’un programme visant à former des ambassadeurs et ambassadrices communautaires.
Durant cette rencontre, les participants ont revisité les fondamentaux des droits humains ainsi que les principaux textes constitutionnels et instruments africains consacrant la protection des droits et libertés.
Quatre libertés fondamentales au cœur des échanges
Selon Mohamed Fadiga, coordonnateur pays d’Avocats sans frontières Canada pour le Sénégal et le Bénin, quatre libertés ont particulièrement retenu l’attention : la liberté d’expression, la liberté d’association, la liberté de manifestation et la liberté de réunion.
« Il s’agissait de revenir sur les fondamentaux de la liberté, mais également d’aborder les menaces et les limites qui peuvent peser sur ces différentes libertés », explique-t-il.
Les échanges ont ainsi permis aux participants de mieux comprendre les principes qui encadrent l’exercice de ces libertés, mais également les situations susceptibles de les fragiliser.
50 ambassadeurs appelés à démultiplier les connaissances
Pour cette première cohorte, 50 ambassadeurs et ambassadrices communautaires ont été formés. Leur mission ne s’arrête pas à la fin de l’atelier.
Ils devront, à leur tour, partager les connaissances acquises dans leurs communes et auprès de leurs communautés, à travers des discussions de groupe, des rencontres de quartier ou encore des échanges avec les chefs communautaires et les citoyens.
L’objectif est de rendre les notions liées aux droits humains et aux libertés fondamentales accessibles au plus grand nombre, notamment dans les langues locales.
« Nous attendons principalement de ces ambassadeurs et ambassadrices communautaires qu’ils démultiplient la formation dans leurs propres mots, que ce soit en français, en wolof, en peul ou en diola », souligne Mohamed Fadiga.
Un accompagnement financier et technique
Dans le cadre de cette initiative, Avocats sans frontières Canada apporte un appui financier et technique au consortium.
L’organisation contribue au financement de la majorité des activités et accompagne également les acteurs impliqués dans le renforcement de leurs capacités.
La sélection des participants a été assurée par le consortium sur la base de plusieurs critères, notamment l’âge, le genre et le principe de non-discrimination.
Des relais communautaires face aux violations des droits
Au-delà de la sensibilisation, les ambassadeurs communautaires sont également appelés à jouer un rôle de relais lorsqu’ils sont confrontés à des situations de violence ou à des violations des droits dans leurs communautés.
Ils pourront notamment signaler les cas identifiés auprès des partenaires et du consortium afin de faciliter leur orientation et leur prise en charge.
Pour les organisateurs, cette approche de proximité doit contribuer à rapprocher davantage les citoyens des mécanismes de protection de leurs droits.
Une deuxième cohorte prévue à Thiès
Après Dakar, le programme doit se poursuivre à Thiès, avec la formation d’une deuxième cohorte.
Cette nouvelle session permettra de poursuivre les échanges sur les libertés fondamentales, mais également d’aborder des enjeux liés au numérique, notamment les violences numériques, la cybersécurité et le cyberharcèlement.
Les organisateurs se félicitent déjà de la participation enregistrée lors de cette première session.
« Nous sommes très satisfaits de la participation. Lorsque les ambassadeurs et ambassadrices posent des questions et interagissent avec les formateurs, cela nous permet de voir aussi comment ils pourront démultiplier ces formations », affirme Mohamed Fadiga.
Un premier bilan encourageant
Pour les organisateurs, les premiers résultats sont encourageants, même si une évaluation plus complète permettra de mesurer l’impact réel de la formation sur les communautés.
À travers la mise en place de ce réseau d’ambassadeurs communautaires, le consortium entend ainsi faire des citoyens des acteurs mieux informés sur leurs droits et davantage capables de contribuer à leur défense et à leur promotion.
L’enjeu est désormais de transformer les connaissances acquises à Dakar en actions de proximité, au plus près des communautés.

